Apéro littéraire


Apéro littéraire.

Apéro littéraire


T & P 2Et bien voilà ! Ma première « apparition » en tant qu’auteur, c’est admirablement passée ! J’ai eu l’honneur de débuter la lecture de textes. Pas mal, pour un homme, non  ? 🙂
Écrire des textes, les lire à l’écran, les lire sur papier pour soi ou les lire à haute voix devant un public, sont des joies et des émotions différentes. Et surtout, il y a la joie du partage !
Et c’est l’occasion de faire des rencontres enrichissantes ! J’y retournerai ! 🙂
T & P 1J’ai tout d’abord lu le poème « Discours androgyne » que j’avais écrit pour la circonstance et que j’ai publié sur ce blog le 8 mars. Puis, mon poème sur ce grave problème de l’excision. A cette occasion, j’ai retravaillé ce texte écrit quelque temps après mon séjour à Djibouti pour mon service militaire entre 1969 et 1970. Voici la nouvelle version :

Complainte pour un clitoris tranché

La honte ! Aïcha pour ton clitoris tranché,
tes petites lèvres sectionnées
par le poignard-Tradition,
pour ton sexe sanguinolent de petite fille excisée,
ta « silka cousue » garantie de ta soumission,
et de ta virginité,
et pour ta souffrance de longs jours endurée.

J’ai honte de mon insouciance d’homme,
de mon indifférence de blanc,
garçon aveugle, égoïste et ignorant
qui prit sans même qu’il donne
son plaisir sur vos corps usés,
désabusés.

Je pleure pour Brigitte ton enfant blanc
qui sans doute subira le même martyr
à moins qu’en se révoltant
elle se choisisse un autre devenir.
Pour ton amitié,
ton corps allongé,
offert peut-être, sur la couche délabrée
au moment de l’adieu sans voix…
J’ai honte de t’avoir, de vous avoir oubliées,
Nahias !

La honte ! Pour vos clitoris tranchés,
vos petites lèvres sectionnées,
pour le plaisir à vos corps d’ébène arraché
avec tant de précision
par le poignard-Tradition.

Je pleure sur l’humanité qui stagne
comme une eau croupissante
et sur toutes ces femmes blanches,
qui ne veulent pas,
qui oublient sans faillir,
qui ont honte,
qui ne savent pas
prendre ce plaisir
que vous ne connaissez pas
et ne connaîtrez
jamais.

Ces deux textes ont été accueilli avec beaucoup d’émotions pas le public présent.

Après la lecture de différents textes d’autres auteurs (exclusivement des femmes), une dame m’ayant demandé de lire deux de ses textes, j’ai pu présenté quelques-uns de mes haïkus que j’avais sélectionnés pour cet évènement. Les voici :

Espiègles

Mésanges dans la haie.
La neige tombe en paquets.
Oiseaux guillerets.

Le pouvoir de l’hiver

Hiver étale
sa longueur. Il s’installe.
Seigneur sans vassal.

Espoir de soleil

Rayon de soleil
met la nature en éveil.
La vie s’émerveille…

Un soleil d’hiver
fait revenir tout le vert.
Le printemps espère.

Sur la fagne

Bleu du ciel et blanc
de la neige. Tableau charmant.
Hiver et printemps.

Au bord de la rivière

Un reflet de soleil
dans la rivière. Elle s’égaie.
Instant et éveil

Glas

Première douceur.
La cloche égrène les heures.
L’hiver gris se meurt.

Eté précoce

Vol d’oies sauvages
dans un ciel sans nuage,
Quel doux présage !

Migrateurs

Trois V droit vers l’est
à tire d’ailes vives et prestes.
Lune bien modeste.

Free vol

Petit papillon
butine gaiement un chaton.
Le soleil trop bon !

Les premiers sont récents. Les autres sont extraits de mon prochain recueil…

8 mars


Discours androgyne.

Je suis une femme.
Ne vous fiez pas aux apparences !
Je suis une femme.
Excusez mon… irrévérence !
Guyke1
J’ai ressenti en moi depuis mon adolescence
de la sympathie pour ce sexe qui n’est pas celui de ma naissance.

Et si mon corps est affublé de cet appendice incongru
que papa Freud prétend que vous ragez de ne l’avoir pas eu,
je n’en fais, croyez-moi,  aucune gloire
et ne le brandit point tel un ostensoir…

Je n’ai jamais pu hurler avec les loups
qui se croient bien supérieurs à vous.
Pour les femmes toujours, j’ai eu cette tendresse
qui ne m’empêche pas de vous caresser les fesses !

Je ne comprends pas, non plus,  cette gratuite violence
qui souvent déferle vers vous avec tant d’indifférence.

J’ai ce rêve d’un monde où partout dominent
toutes ces valeurs qu’on appelle féminines.
Je rêve d’un monde avec moins de yang plus de yin
où l’harmonie règne enfin et où l’amour nous détermine.

Je rêve qu’enfin nous soyons en paix sur cette terre.
Hommes réconciliés, femmes sécurisées,  tous androgynes
comme le préconise merveilleusement  Elisabeth Badinter
et que le monde trouve enfin l’équilibre. J’imagine.