Chien zen: le non-attachement


Chien zen

Le museau posé
sur les pattes, le cul levé,
le chien médit’! hé !…Dog meditation

Comme l’a écrit Eckhart Tolle, il est très utile d’observer les animaux et, en particulier, nos chers compagnons domestiques.

Ce sont nos plus grands maîtres spirituels ! Ils ont beaucoup à nous apprendre. Notemment dans le domaine du non-attachement.

Je voudrais ici racontait l’anecdote survenu un jour à notre compagnon à quatre pattes.
Anecdote que nous, humains, qualifierions aisément de « dramatique » puisqu’elle a « failli » lui coûter la vie !

Nous faisions souvent la traversée de l’Escaut avec le bac de Schellebelle pour aller nous promener dans les « meersen », ces prés submergés typiques des berges de l’Escaut dans la région de Wetteren…

http://belgiumview.com/belgiumview/tl2/view0005627.php4?pictoshow=0005627ac

Madgi avait pris l’habitude de sauter du bac avant que celui-ci n’arrive à quai, faisant frémir à chaque fois la passeuse qui craignait qu’il ne tombe dans l’eau.
Moi, je faisais confiance au chien et ne manquais pas d’admirer à chaque fois avec une certaine fierté (je me demande de quoi je pouvais être fier, d’ailleurs !) la beauté de son saut.
Un jour, cependant pour démentir ma confiance, il rata son saut et tomba dans l’Escaut, entre le bac et quai. Le bac, continuant sa progression, se rapprochait dangereusement du bord risquant d’écraser l’animal entre le bateau et le quai.
Heureusement, nous étions 3 à bord : la passeuse fit faire une marche arrière à son bateau tandis que mon compagnon et moi sautâmes à quai pour retenir l’embarcation. Je pris Madgi par le col et le sortit de l’eau. Ouf ! Il était sain et sauf !
Dès qu’il fut sur pattes, il se secoua fortement pour se sécher et, bientôt, il se mit à trépigner pour continuer la ballade tandis que les 3 humains, se remettant de leurs émotions, n’arrêtaient pas de faire des commentaires sur ce qui était arrivé, ce qui aurait pu arriver si… etc,…
Je me rappelerai toujours le peu de cas que l’animal semblait faire de l’évènement ! Certes, lorsqu’il était dans l’eau et qu’il se débattait pour survivre, j’ai lu la panique dans son regard. Il me semblait conscient du danger que représentait le bateau et le quai entre lesquels il était bel et bien pris en sandwich.
Mais une fois qu’il se fut bien secoué (pour évacuer , par la même occasion, les énergies négatives et retrouver les positives ?), il était prêt à passer à la suite, sa priorité suivante étant…la poursuite de la promenade et toutes ces odeurs qu’il avait encore à renifler et il semblait me demander maintenant ce que j’attendais pour repartir !…
Cet anecdote fut pour moi une bonne leçon sur nos comportements usuels. Elle me montra l’attachement que nous avons habituellement par rapport aux émotions.
Nous faisons, généralement, « tout un plat », un vrai mélo « méditerranéen » de nos peurs et de nos souffrances alors qu’il n’y a qu’une seule priorité : tout simplement continuer à vivre…

Les sentiments : vers la simplicité !


Au plus j’avance sur le chemin, au plus je vais, me semble-t-il,  vers l’authenticité et la simplicité ! C’est, en tout cas, ma recherche aujourd’hui.

Lorsque j’observe (j’essaie de le faire d’une manière la plus « neutre » possible), chez moi et chez les autres, nos comportements d’êtres humains, je me dit que nous essayons presque toujours de « retenir » les choses ou de les « projeter ».

Quand je dit : « Je t’aime », par exemple, cela peut vouloir dire : « Je suis bien avec toi », ce qui est assez imprécis…
Est-ce que cela signifie, comme le dirait Tich Nath Hahn : « Ma bien-aimée, je sens ta présence et j’en suis heureux », ce qui me semble tout de même plus authentique car je parle de que je ressens dans l’instant…
Ou bien, cela peut vouloir dire : « Là, je suis bien avec toi et d’habitude, la plupart du temps, je me sens bien auprès de toi », ce qui serait, n’est-ce pas, également plus précis…
Mais bien souvent, le « Je t’aime » a l’air de signifier : « Je me sens bien avec toi là pour l’instant et j’aime ton comportement en général, etc,… »

Je pense que nous ressentons quelque chose, qui nous rappelle des émotions passées et que nous voudrions retrouver indéfiniment. Comme si nous voulions retenir la vie, le temps qui coule…

Émotions, sentiments : quelle est la différence ? Est-ce que nos sentiments ne sont pas plutôt un désir (sentiment ou émotion ?) de prolonger nos émotions ?

Dans ma recherche d’authenticité, j’ai décidé de me concentrer sur mes émotions. C’est, me semble-t-il, la chose la plus « concrète », la plus « réelle » que je puisse ressentir puisque je peux les percevoir dans mon corps.
Elle sont liées à l’aspect physique de ma personne.

Je crois que, comme nombre de mes congénères (masculin et féminin), je n’ai pas appris à « vivre » mes émotions.
Je dirai même que mon éducation, mon conditionnement m’ont appris à « taire » mes émotions, à les enfouir au fin fond de moi (de mon corps).
Comme si cela était une tare d’exprimer la peur (« Mais non t’as pas peur ! »), la tristesse (« Arrête de pleurer ! Tu ne vas pas pleurer pour ça ! »), la colère (« Si tu piques ta crise, je te mets sous la douche ! »), la joie (« T’arrêtes de faire l’imbécile, oui ! »)…

Mais voyons un peu ces 4 émotions de base (*) :

* La peur et ses filles : le doute, l’angoisse, la honte (peur d’être jugé),…
* La tristesse et ses fils et filles : le chagrin, la mélancolie, la nostalgie,…
* La colère et ses filles : la rage, la violence, l’agressivité,…
* La joie et ses enfants : la gaité, le plaisir,…

Ces émotions sont « de base »
– parce qu’elle nous viennent de très loin, de nos ancêtres, les premières hommes et les première femmes lorsqu’ils étaient dans la survie. Certains animaux ressentent aussi des émotions, surtout les animaux domestiques mais on pourrait dire de ceux-ci qu’ils sont « contaminés » par lêtre humain…mais mêmes les animaux sauvages ont peur ou sans dans la joie…
– elles nous viennent du plus profond de notre être, de « nos tripes », certains diront de notre cerveau émotionnel (et on connait, entretemps et grâce, entre autres, à David Servan-Schreiber, le lien entre le cerveau émotionnel et le cœur et le corps
– elles sont liées au moment présent. En effet, elles sont des réactions immédiates de notre être à des évènements que nous vivons :

Le danger entraîne la peur, la séparation, la perte amènent la tristesse, l’attaque, l’agressivité, la menace provoque la colère, la découverte, la rencontre sans menace, le cadeau reçu donne la joie, la gratitude.
A leur tour, les émotions entraînent des actions : La peur nous pousse vers la fuite, la recherche de protection. La tristesse, le chagrin demandent l’écoute, la consolation. La Colère nous entraîne ver l’agressivité ou la demande de réparation. La joie nous donne l’envie d’exprimer et de partager…

Comme ces émotions sont issues de notre « animalité », il a été, sans doute, de bon ton au cours des siècles d’intellectualisation de l’être humain, de se distancier de ce côté-là de notre personne…

Cela fait plusieurs années que j’essaie de me « reconnecter » à mes émotions car je crois que c’est un chemin obligé et utile vers la connaissance de soi, vers l’authenticité, vers une amélioration de la qualité de ma vie de tous les jours et de mes relations avec les autres…

En étant à l’écoute de mes émotions au moment où elles se manifestent (car elles se manifestent toujours !), je prends conscience de ce qui vit en moi, je vis, de cette façon là aussi,  l’instant présent…

Tout le reste me semble superflu, illusoire…

(*) Les chinois y ont ajouté l’amour, la haine et le désir…