Des nouvelles de « Mon fiston »


Le palmarès du Printemps des Poètes de Beynat a été publié dans le quotidien régional La Montagne.

Par ailleurs, le poème Mon Fiston a inspiré Jocelyne Szymanek, une amie poète dont les deux recueils, Chant des Toiles Tome I et Tome II, sont parus récemment chez Langle Editions ( Voir les recueils : Tome I , Tome I )

Elle m’a transmis ce texte :


PRÉSENCE

Dans l’œuvre du silence,
Bien loin des apparences
Dame Espérance et Dame persévérance
Dansent au cœur de la souffrance.

Leurs doux chants d’Amour
Nourris de l’essentiel
Sèment la résilience
Dans le germe de l’absence !

Elles invitent au retour
Elles font naître au grand jour
Une vision nouvelle.
Transforment l’illusion,
La cruelle séparation,
En rencontres fidèles des Âmes éternelles !

Au-delà des croyances,
La beauté en offrande
La forme renouvelle dans la grâce du moment
Le lien d’éternité,
La présence de l’instant.
Dans l’étincelle de joie
S’animent encore fois
Les retrouvailles inespérées !

 

« Poignant »


Aujourd’hui, Michael aurait fêté son 45e anniversaire.
Le 17 novembre prochain, il y aura 20 ans que « son vaisseau est parti vers les étoiles… » Sa sœur et ses amis projettent déjà d’honorer son souvenir lors d’une fête pleine de joie et d’amitié qu’ils organisent en novembre.

De mon côté, quel « hasard », quelle synchronicité, quelle « coïncidence chargée de sens » la vie m’a offert à nouveau !

A l’occasion du Printemps des poètes, la municipalité de Beynat, en Corrèze, a organisé, comme chaque année un concours de poésie auquel j’ai voulu participer. Le thème de cette année, était le courage.
J’ai donc décidé d’envoyer un poème extrait du recueil  » Bonne Route ». Un poème qui évoque la disparition de Mon fiston.
En effet, du courage, il m’en a fallu pour coucher ma douleur sur le papier. Il m’en a fallu, pour oser envoyer ce texte. Il m’en a fallu, aussi pour le lire à haute voix sans que les sanglots ne viennent s’étrangler dans ma gorge…
Quelle joie d’y être parvenu et quelle joie de voir ce message d’amour adressé à mon fils par-delà l’au-delà récompensé par une troisième place au palmarès du concours de cette année !

En voici le texte :

 

Mon fiston

Mon fils, mon enfant,
je revois ce moment,
le jour où tu es né :
de la chair tranchée
sur moi le sang a giclé
et cette odeur à plein nez !…
J’y pense à chaque fois
à ce grand jour de joie
qui me fit papa
pour la seconde fois,
me vit interloqué
et me laissa estomaqué !

Tu es parti depuis
nous laissant la tristesse…
Je voudrais aujourd’hui
te donner ma tendresse.
Ton passage fut trop court.
Il y a encore tant de choses
à partager, de musique, d’amour.
La vie n’est pas toujours rose
et je n’ai toujours pas compris
pourquoi il a fallu qu’on se sépare,
ni pourquoi ta vie était finie,
ni la brutalité de ton départ…


Mon enfant, mon fiston,
Bonne route…Bonne route,
Sur le chemin des étoiles !
Ton vaisseau a hissé la grand’ voile..




Mon fils, il y a déjà si longtemps
que tu es parti soudainement.
Une voiture à toute allure
loin de nous t’a emporté.
Je ne suis pas si sûr
que c’est ça que tu voulais.
Ça n’ sert à rien de se lamenter !
Le Temps m’aidera à oublier.
Mais là encore aujourd’hui,
je veux te dire ces mots
que jamais je ne t’ai dit
et que tu trouveras si beaux…

J’étais un peu loin de toi
quand tu as quitté la terre
mais aujourd’hui, tu vois
je suis toujours ton père.
Je le resterai toujours
malgré les apparences
et malgré ton absence
car l’amour ne meurt pas
après le douloureux trépas,
et la vie nous donne le choix
de retrouver encore la Joie
et d’aimer par-delà l’au-delà…

Mon enfant, mon fiston,
Bonne route…Bonne route,

sur le chemin des étoiles !
Que le vent fasse bien gonfler ta voile !..
.

 

 

Voici le lien de l’article paru sur le site officiel de la commune de Beynat 
Printemps des poètes à Beynat

PoD – Poésie à la demande


Les premiers poèmes que j’ai écrits à l’adolescence étaient des acrostiches (Naamversjes en néerlandais), des poésies écrites à partir de prénoms? d’abord celui de Patrick mon copain de collège puis ceux de jeunes filles « en fleur » dont j’étais secrètement amoureux.
Par la suite, j’ai de nombreuses fois utilisé cette méthode à l’occasion d’événements familiaux ou dans mon entreprise pour honorer l’héroïne ou le héros de la fête. J’ai souvent été surpris de constater que ces petites pièces étaient reçues et perçues comme des « cadeaux », des attentions qui touchaient celle ou celui qui les recevait. J’ai aussi écrit de nombreux poèmes inspirés par des personnes chères ou pour faire suite à la demande d’une personne voulant surprendre un.e proche.
Ces jours-ci, en cette période plus qu’étrange que nous vivons, une amie m’a mis au défi d’écrire une poésie pour exprimer que la mer lui manque. Une autre amie a renchéri puis…il s’en ai suivi une petite série que je vous partage ci-dessous

Copyright Monique Bertrand

Pour Monique
L’angélus de l’amer

Ma mer me manque.
Sans son reflux et ses calanques
mon cœur a le vague à l’âme.
Sans sa danse dans les golfes clairs
mon horizon au grand jamais ne s’éclaire,
ni jamais plus ma joie ne s’exclame.

Me voilà enfermée dans ma propre promiscuité,
contrainte à la morbide immobilité,
bâillonnée dans le silence de mes journées,
entravée dans les rets de la quotidienne banalité.

Ah que ne suis-je davantage inspirée,
visitée par la muse de la beauté
qui soulage pourtant si souvent
de mon cœur l’oppressant étouffement !

Lorsque je sens en moi se souffle puissant
sur lequel mon âme surfe comme sur une grande vague,
elle m’emporte malgré les affres des tourments
vers de somptueux et époustouflants rivages.

Enfermement

Mes amis sont bien loin
et cette asociale distance
m’empêche de leur tenir la main,
« gestes barrières », douloureuses circonstances.

Ces entraves physiques m’emplissent d’une sourde langueur
qui fait ressurgir en moi d’anciennes douleurs.
J’ai beau consoler la tristesse de mon cœur,
cette distance, cette absence ranime mes peurs.
Ce si cruel éloignement, cette obligation
ranime en moi le familier sentiment d’abandon.

L’enfer me ment, comme dit l’ami Thomas.
La séparation est une cruelle expérience.
Quelle enseignement tirer de cette épreuve-là
qui apaiserait mon cœur en élevant ma conscience ?

Pour Evelyne
Désirer le sommet

Malgré la verdure qui m’entoure et les bois
parfois me sens comme biche aux abois.

Les fleurs embaument, les oiseaux chantent,
la nature m’appelle de toute part
mais souvent mon cœur battant déchante
et souhaite un tout nouveau départ.

La montagne me manque
et me manque sa hauteur,
son air pur qui fait soupirer mon cœur
et me coupe le souffle lorsque vers elle je monte.

Me voilà entravée dans mes mouvements.
« Pour votre santé », disent-ils, »évitez les voyages ! »
Ce manque de liberté fait naître en moi quelques tourments
même si mon cœur me dit d’être sage.

Il me faut élever ma vision et reprendre confiance,
prendre de la hauteur, désirer le sommet,
vivre l’instant présent, ne pas espérer la délivrance,
croire enfin, le pourrai-je ?, au renouveau de la société.

Pour Anne, Frédérique et Inès
Love Sisters

Avec mes sœurs, je forme un chaleureux trio
dont l’origine du lien se perd dans la nuit des jours
de notre enfance mouvementée et pleine d’imbroglios.
Ce lien plus fort que celui du sang a pour nom « Amour ».

Cet éloignement imposé par une pandémique actualité,
bien qu’il ranime en mon cœur une souffrance ancienne,
renforce encore plus la force de notre douce sororité
et berce mon âme d’une musique vibrante quoiqu’il advienne.

Oui, leur présence me manque et les gestes qui nous font barrière
m’empêche d’exprimer pleinement mon affection pour elles !
Cependant cette distanciation forcée a un effet étonnamment bénéfique :
Elle me fait percevoir combien cette relation est magnifique.

Le thème exprimé ici est le manque. Cela m’a fait pensé à un article que j’avais écrit, il y a quelque temps, sur ce blog et qui décrivait le « manque positif »  Voir l’article