Voir Prague…et revenir !


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Un séjour à Prague.
Le froid déferle ses vagues.
L’âme gelée divague.

Voilà, comme promis, en vrac, quelques photos de notre séjour à Prague.

Prague vaut vraiment le détour et un séjour prolongé.
L’architecture (surtout dans la vieille ville) est très diversifiée. Les (a)mateurs d’architecture baroque et d’Art Nouveau y trouveront certainement leur compte.
Un conseil : n’y allez pas en hiver car il peut y faire très froid ! C’est ce que nous avons expérimenté…
Sinon, on découvre, ici et là, des marques du passage du régime communiste. Ce n’est pas sans émotion que j’ai posé mes pas , place Venceslas (en tchèque Václavské náměstí), à l’endroit où Jan Palach
(http://fr.wikipedia.org/wiki/Jan_Palach) s’est immolé par le feu lors du printemps de Prague.
Les inscriptions dans les transports en commun, dans les bâtiments publics et dans les cafés et restaurants, sont principalement en tchèque et en anglais.
Il n’est pas toujours facile de retenir le nom d’une station de métro, de tram ou d’un musée ou d’un quartier que l’on veut visiter. Et lorsque vous avez écrit ou retenu le nom en tchèque, vous ne reconnaîtrez pas toujours celui-ci lorsqu’il est prononcé par les Pragois ou dans les haut-parleurs !
On mange bien à Prague et pour pas cher…La bière tchèque bien que réputée (notre guide – rédigé par un français, que je considérerai comme moins connaisseur que moi ! – prétend que Prague est la capitale mondiale de la bière) vaut à peu près la pils belge (j’ai bien mis un l), dont le nom vient, justement, de « pilsner », de Pilsen (Plzeň en tchèque) ville tchèque où a été brassée la première fois cette bière de basse fermentation. Elle ne vaut pas les bières artisanales et sûrement pas les bières trappistes belges ! Mais, je n’ai pas tout goûté !
Nous avons particulièrement apprécié le Pont Charles, la vieille ville, la Maison Communale, la galerie Lucerna et le château, qui est une petite ville dans la ville. Nous y avons visité la cathédrale St Guy (normale qu’elle soit si belle avec un nom pareil !) aux vitraux Art Nouveau de toute beauté, la basilique, l’ancien palais et la Ruelle d’or dans laquelle Kafka a séjourné au n° 22. Ce sont des maisons minuscules et on se demande comment les gens devaient y vivre. Sans doute étaient-ils beaucoup plus petits que nous !
J’ai été interpellé par une citation de l’auteur du « Procès » qui était affichée dans sa maison et qui disait à peu près ceci (elle était rédigée en anglais) : « La pensée ne peut être libérée que lorsqu’elle cesse d’être un soutien ».
En brodant, je me dis que l’on pourrait appliquer cette vision à la relation amoureuse ou de couple, voire à toutes les relations humaines. Cela se rapproche très fortement de mon cheminement actuel.
J’ai découvert, entre autres, que je pratique plus volontiers mes exercices quotidiens de Tai Chi, si je m’autorise à ne pas les pratiquer les jours où l’envie ou l’énergie n’y est pas….
Mais poursuivons la réflexion : tant que je dépends du soutien que m’apporte une croyance, une conviction, une vision, une relation, j’y suis attaché et donc, je ne suis pas libre. Dès que je ne vois plus ma croyance ou ma relation comme un besoin, donc lorsque je n’en suis plus dépendant, je peux considérer et sentir que je suis capable de m’en séparer et donc me libérer. Ce qui peux, également et logiquement, m’amener à choisir librement de la garder. Cela devient alors un choix libre au lieu d’une contrainte que je m’impose (par le biais de mon conditionnement, notamment).
En en parlant avec Michèle, il m’est venu la réflexion suivante au sujet de la relation (« amoureuse » – que l’on considère toujours comme la plus importante – mais aussi toute autre forme de relation) :
La sagesse serait de choisir d’ÊTRE en relation, plutôt que d’AVOIR (=posséder) une relation avec l’autre (qui est, dit-on, un miroir de soi) ?…Ceci pourrait faire l’objet d’un prochain article…

Identité


Jeudi passé, nous avons, Michèle et moi participé à un café Philo organisé par le Centre Culturel de Stavelot.

Nous nous étions portés volontaires pour lancer le débat, c’est-à-dire, pour présenter chacun un argument contraire.
Le thème de la soirée était : « La recherche d’identité, repli ou ouverture ».
Michèle avait choisi le repli et moi l’ouverture.

Le débat fut animé mais pas trop controversé.
Tout d’abord, nous avons fait la distinction entre identité et identification. Nous pourrions dire que l’identité est l’imag qui nous est accolée tandis que identification tient plus de l’appartenance, « je suis comme,je suis identique ». A mon sens la seconde est plus la conséquence d’un choix, d’une volonté personnelle.
Nous sommes tombés ensuite d’accord pour constater que la plupart de nos identités nous sont imposées : par notre naissance, notre hérédité, notre éducation, notre environnement familial et social.
Cela ressemble fort à un étiquetage.

L’identité est aussi un outil de comparaison.

Nous avons découvert que derrière l’identité se cache un besoin de sécurité, donc une peur et qu’elle est lié à des valeurs, des croyances, des besoins.
L’identité peut nous limiter et en cela entraver notre liberté. Il n’est pas toujours facile, voire impossible, de se libérer de son identité.

Cependant, dans le repli, le retrait, nous pouvons rechercher au fond de nous notre réelle identité qui nous guide vers notre unicité. Nous pouvons alors aller vers la confiance en soi et nous ouvrir ensuite aux autres….

Voici les textes que nous avions préparés pour le débat et que nous avons lus  (en bon bélier, j’ai ouvert le feu !):

La recherche d’identité, pour moi, c’est l’ouverture !

« Qui suis-je » ?
Lorsque j’entends cette question, je pense à un personnage de bande dessiné. Il a reçu un coup sur le crâne. Le cul par terre,  il a une guirlande de bougies, de cloches, d’étoiles et de zosieaux qui lui tourne autour de la tête.
Qui suis-je ? C’est la question que se posent ceux qui reprennent conscience…
De même, la recherche d’identité n’est-elle pas une prise de conscience, un éveil vers la quête de la connaissance de soi, qui passe par la (re)connaissance de l’égo ?

Il me semble que, depuis que j’ai quitté le doux cocon du ventre de ma mère, je suis sur ce chemin…

J’y étais bien, là, dans ce nid douillet. J’étais en union avec ma maman, en fusion, pour ne pas dire « un » avec elle…
Depuis ma venue au monde, j’ai gardé au fond de moi, je crois, la nostalgie de ces heureux moments.
Il m’a fallu m’en  séparer, quitter la douce chaleur du giron maternel, aller vers mon autonomie, construire ma personnalité.

Je suis le cadet d’une famille nombreuse (nous étions 8 à la maison !). J’ai donc appris à tenir compte des autres, à partager.
C’est pour cela, je crois, qu’aujourd’hui encore, je ne peux exister que par les autres.

Mon identité, c’est l’autre, les autres, autrui, mon « prochain »…
J’ai un tel besoin d’ouverture, de partage ! Si je ne me retenais pas, je partagerais tout, même mon corps !
A la maison, j’ai un téléphone fixe. J’attends impatiemment le soir ou le weekend pour appeler mes amis, ma famille et échanger avec eux.
J’ai aussi un Gsm. Dès que je vis une expérience particulière, j’envoie un sms pour la partager.
J’ai internet. Sur mon ordinateur, j’ai une liste de contacts e-mail considérable. Je collectionne les « amis » sur Face Book. J’y publie des photos. J’y partage des vidéos, mes états d’âme. J’ai même créé un blog où, là aussi, je partage, je partage, je partage…
Mon prochain stade sera sans doute de partager  « mobile » par le biais d’un « smartphone » ou autre tablette…je pourrais alors « m’ouvrir » à chaque instant.

Je crois que je suis un peu « accro », un peu dépendant !
Mais je me soigne ! Et cela, grâce à ma relation avec les autres.

L’autre est un miroir pour moi. Un miroir positif surtout. Oui, je l’avoue, je suis un peu narcissique !
J’ai découvert, cependant, qu’il existe aussi un miroir négatif et un narcissisme positif.
Le miroir négatif, c’est lorsque quelque chose m’agace, m’irrite chez l’autre. Cependant, je m’aperçois bientôt, en y regardant de plus près, que ce « défaut » est aussi en moi, bien enfoui, bien caché !...
Elisabeth Badinter, dans son ouvrage « XY, De l’identité masculine », cite Alex Mucchielli et les travaux de Sigmund Freud et d’Erik Erikson : « On se définit par des ressemblances avec certains et des différences avec d’autres. »
J’ai souvent déménagé dans ma vie. A chaque fois que je m’installe quelque part, j’essaie au plus vite de m’intégrer, c’est-à-dire, d’intégrer mon identité individuelle dans l’identité collective.
C’est sans doute ça le besoin d’appartenance.
Cependant, je me demande s’il n’est pas dangereux de suivre le groupe, de me fondre dans la masse, de fusionner mon égo à l’égo collectif. A trop s’intégrer, on risque d’aller vers l’intégrisme…

Ma recherche d’identité passe donc par l’ouverture vers le monde, vers les autres.
J’essaie désormais d’évoluer de la dépendance vers l’interdépendance.

Lorsqu’il m’arrive d’être seul à la maison, je pars dans mes pensées, dans mon mental. Je soliloque dans ma tête ! Ce faisant, je ne prends pas bien conscience de ce que je fais, de ce que je vis dans l’instant.
Heureusement, il y a le chien pour me rappeler à l’ordre ! « C’est l’heure de mon petit pipi ! », « J’ai faim ! »
Dès que ma compagne est rentrée alors je partage, j’échange, je confronte mon opinion avec la sienne. Et, surtout, je prends conscience de sa présence, donc de la mienne. Je « sens » que je suis. Je « sens » qui je suis. Surtout, lorsqu’elle me fait des compliments !
J’oserai donc paraphraser Descartes en affirmant : « J’échange donc je suis !»

Le Petit Robert donne comme 1ére définition du mot « identité » :  du bas latin, identitas, racine Idem « le même ». Caractère de ce qui est identique

Mon identité, c’est lorsque je trouve en l’autre des points de ressemblance.
Grâce à la Communication Non Violente, je sais que j’ai une multitude de besoins.
A moi, de m’en occuper.
Je sais aussi que ma partenaire  et tous les autres ont les mêmes besoins. Ils sont universels.
C’est en cela que je me sens identique.

Ma propre identité se trouve dans les accents que je mets sur ces besoins.
J’ai, par exemple, plus besoin de partager, d’échanger, de communiquer que ma partenaire qui est plus dans le repli.
Grâce à la confrontation de nos ressentis, grâce à nos échanges réguliers, j’espère apprendre à reconnaître en moi ce besoin de repli, de retrait.
J’aimerais qu’elle, de son côté, puisse retrouver en elle, le besoin de partage.

Alors, nous connaitrions et reconnaitrions nos identités réciproques.

Nous avons reçu pas mal de coups sur la tête au cours de notre existence.
Peut-être que bientôt, comme deux personnages de bande dessinée, nous allons reprendre conscience et nous nous demandez, à l’unisson :
« Qui sommes-nous ? »

 

La recherche d’identité par le repli

Que dit le Petit Robert sur l’identité : « Le fait pour une personne d’être reconnue pour telle, donc ce qui est unique, qui demeure identique à soi-même » ?

Notre identité varie et se définit suivant notre culture, notre religion, notre philosophie et la région du monde où nous sommes nés.

Nous sommes issus de la race humaine, de la même origine : les homos sapiens sapiens.

Je nous définit comme des êtres matériels et organiques faisant partie d’un Grand Tout.

Ce qui nous différencie sont nos réactions, nos réflexes, notre capacité d’agir différemment avec les conséquences qu’elles impliquent.

Nous ne sommes pas pleinement en paix avec nous-mêmes et notre histoire.
Nos relations sont souvent altérées et nous décidons de réussir dans tous les domaines : études, vie professionnelle, sociale  et affective, etc,…ce qui nous entraîne vers la performance et nous cherchons notre identité à l’extérieur de nous.
Nous nous cherchons dans la dualité, le monde de la compétition, celui du contrat marchand, de la publicité et du « prêt-à-jeter ».

Notre mental est donc imaginaire. Il est une fabrication sociale liée aux peurs, aux manques, à la perte. Nous nous accrochons à ce qui est stable donc illusoire et espérons combler un vide, à nommer l’indicible afin de nous donner une consistance.

Je vous invite à entrer dans l’expérience du repli, de l’intériorité. Celle qui est clarté de l’esprit et qualité de vie.

Notre identité est sagesse et non livresque. Elle vient du vent et de l’espace. C’est l’écoute d’un ouvert que l’on porte en soi. Elle vient de notre respiration, ce souffle qui apparaît à la naissance et disparaît à la mort.

Dans le silence et le non-agir, le sens, l’essence apparaissent. Nous sentons vers quoi nos forces tendent et quelles sont nos directions.
Nous faisons l’expérience de la traversée de nos peurs, de nos incertitudes, de nos souffrances.

Nous soulevons ce masque qui tend à faire croire à une hypothétique identité avec ses rôles, ses compromis entre soi, les autres et la société.
Notre véritable identité, notre vérité, notre humanité vient du réel de nos limites, de l’émergence de notre intelligence profonde et de notre cohérence.

Dans ce repli, nous allons vers une liberté intérieure, vers la possibilité de changer et de faire des choix matures.

Le repli est l’expérience de la finitude qui oblige à constater la réalité et le désir de l’infini.

Alors vient cette joie profonde, une sorte de frémissement intérieur.
C’est une lame de fond qui nous soulève et à certains moments nous éprouvons comme un étonnement de Bien-Être.

Michèle Juncker, Exbomont, le 16/11/2012