Pour une approche quantique de la conscience – Quelle est notre vraie nature ?


Niels Bohr, Werner Heisenberg, and Wolfgang Pa...

Niels Bohr, Werner Heisenberg, and Wolfgang Pauli, ca. 1935 (Photo credit: Wikipedia)

Cette fois-ci, un très long article mais il m’aurait été difficile de faire plus court sur ce sujet !

Enfin, voilà mon compte-rendu de la 1e journée du colloque tenu à Paris, le 11 mai 2013 !
(vous trouverez le récit de ce voyage inattendu sur mon blog « The Golden Beetle » http://thegoldenbeetle.org/2013/07/12/le-hobby-un-voyage-inattendu/).

Une journée destinée au grand public durant laquelle je n’ai vraiment pas appris de nombreuses choses nouvelles (j’avais déjà beaucoup lu sur le sujet) mais qui a bouleversé ma vision des choses par l’argumentation apportée par les scientifiques. Ce qui m’a inspiré le petit sondage sur la perception sensorielle publié précédemment sur le blog « The Golden Beetle »…Quelques jours après le colloque, ayant intégré ce qui avait été dit, les hypothèses avancées et soutenues d’une façon quasi concrète par leur auteur, j’avais perdu quelque peu mes repères…

Certains des intervenants n’hésitent pas, en effet,  à affirmer qu’il existe une autre réalité qui pourrait bien être la vrai nature des choses. Mais ne devrait-on pas parler de « vécu » au lieu de réalité puisque, comme l’expérimentation de la physique quantique tente à le prouver, c’est l’observation, donc l’observateur, qui « amène », « concrétise », « matérialise » (?), l’objet observé.

Certains conférenciers prononcèrent même un plaidoyer pour sortir d’urgence notre société du matérialisme…

Comme j’ai fait l’aller-retour le jour même, je suis arrivé après le début du colloque et j’ai donc raté les 2 premières conférences (celles de Lothar Schäfer et d’Antoine Suarez). Comme j’avais un TGV à prendre à 18h25 à Paris Nord, je n’ai pu rester pour la fin de la conférence d’Emmanuel Ransford, ni pour la table ronde qui l’a suivie.

Vous trouverez ci-dessous des liens qui vous amèneront à des enregistrements audios des différentes conférences et table ronde. Les conférences sont en anglais (nous avons bénéficié d’une traduction simultanée) et sont suivies d’un résumé en français.
Les organisateurs m’ont promis une vidéo mais je n’ai toujours rien reçu à ce jour…
Afin de comprendre la majorité du texte ci-dessous, il est préférable d’avoir une petite connaissance de la physique quantique. Vous trouverez ci-dessous un petit glossaire des concepts les plus « parlant » pour notre quotidien.

La première conférence que j’ai donc suivie est celle d’Andrei Grib, Professeur de physique-mathématiques à l’université de Saint-Pétersbourg.  
Voici un extrait du texte de présentation : « Pour lui, c’est dans l’esprit humain qu’il faut chercher la raison de l’apparence que prend le monde autour de nous…il voit dans le fait que nous sommes des observateurs pour lesquels les choses sont binaires (noir/blanc, oui/non), la raison pour laquelle un (le) monde….nous apparaît comme un monde où les choses sont séparées. Il est l’auteur d’un ouvrage sur la non-localité (*) quantique. »

Annoncé comme compliqué par Jean Staune, le présentateur, l’exposé m’a semblé assez clair. Il a fait l’historique de la physique quantique, puis a exposé ce qui lui semblait important en physique quantique.
J’ai noté au début de son exposé la phrase suivante (qui est peut-être de Jean Staune) : « La physique quantique est la science qui permet à la consciente intermittente d’avoir lieu. »
Andréi Grib a insisté sur les opérateurs et leur non commutation. Dans une équation qui décrit un phénomène quantique, ce ne sont pas les nombres qui importent mais les opérateurs.
Le monde quantique a d’autres propriétés que le monde « mathématique ».
Il a rappelé l’importance de l’observation/observateur. Il y a un objet observé. Il y a un appareil qui « mesure ». Il y a un observateur qui observe. Mais qui « observe » l’observateur ? Qui amène la « séparation » (distinction ?) entre l’appareil et l’objet ? La « décohérence » ou « actualisation » est l’apparence (très rapide) des propriétés de l’objet. Il y a, assurément, dit-il, une relation entre l’observateur et l’objet observé.
Il pose la question : Que serait le monde si nous ne l’observions pas ?
Nous l’expérimentons quotidiennement : notre pensée (qui est non-physique) peut influencer notre corps (qui est matière). Il y a relation entre le corps et l’esprit. Donc entre le non-physique (non matériel) et la matière.
Pour lui, le matériel ne peut exister seul. Le vrai monde est le monde des probabilités (le monde quantique).

Le 2e exposé qu’il m’a été permis de suivre était celui de Vasily Orgryzko, généticien, Directeur de recherche à l’Institut Gustave Roussy de l’INSERM.
Extrait du texte de présentation : « …il a émis l’hypothèse que les mutations pouvaient être des choix entre plusieurs potentialités pré-existantes (ndr : rejoignant ici l’hypothèse de Philippe Guillemant) de la même façon VOqu’on passe d’un état à un autre en mécanique quantique… »
Annoncé également comme compliqué, son exposé le fut effectivement ! En fait, il était moins clair que le précédent.
Il nous a donc parlé de la biologie quantique qui s’oppose au réductionnisme, le tout étant supérieur à la partie et l’environnement faisant fonction d’observateur. Pour lui, la cellule prend des décisions. On pourrait dire qu’elle choisit parmi de nombreuses possibilités. Les cellules semblent savoir ce qu’elles veulent faire ! Elles sont guidées par le SENS (la signification – il rejoint ici les hypothèses de Catherine Hardy sur les champs sémantiques). Le darwinisme ignore pour sa part cette possibilité.
Pour lui, également, le non-local agit sur la 4 D (la matière + le temps) et la non-localité ne dépend pas de l’intrication originelle (Big Bang)…

1er enregistrement audio : Andrei Grib + Vasily Ogryzko + résumés + table ronde

Après le déjeuner (nous sommes à Paris, ce qui m’a permis de revoir l’Étoile), nous avons eu droit à des exposés un peu plus accessibles et même très folkloriques, si vous me permettez l’expression !…

Tout d’abord, Henry Stapp.  
Une grosse pointure également : « Chercheur au prestigieux Lawrence Berkeley National Laboratory…le plus prestigieux des physiciens quantiques affirmant que la conscience nécessite, pour être comprise, un recours à cette discipline (ndr : la physique quantique). Il est aussi un des derniers physiciens à avoir collaboré avec les pères fondateurs de la physique quantique, des géants tels Werner Heisenberg et Wolfgang Pauli. Soutenant une conception du monde dans laquelle la conscience est plus fondamentale que la matière…. »

Il nous a parlé des effets rétro-causaux, ce qui a dû plaire à Philippe Guillemant !
Il a expliqué la différence entre la théorie et l’expérimentation. La théorie est une prédiction des résultats.
Il a évoqué la nature non-matérielle de la nature.
Pour lui, le monde macroscopique comme nous le connaissons pourrait apparaître comme un possibilité s’il était observé à la manière quantique.
Pour lui, notre cerveau appartient au monde quantique car il a des propriétés quantiques. Au niveau quantique, l’information (véhiculée par le cerveau), est plus rapide que la lumière et ne dépend pas de la distance. Des expériences ont montré, par exemple, que la pupille se dilate une fraction de seconde avant un flash lumineux.
Il souligne le lien entre le cerveau (local) et l’esprit (non-local).
Nous ne sommes pas des robots, affirme-t-il…

L’apparition d’Amit Goswani amène un peu de fantaisie dans la suite du colloque… 

« Professeur de physique à l’université de l’Oregon, il a développé une approche… dans laquelle la conscience est la base de toute forme d’existence. Pour lui, la compréhension des principes de base de la mécanique quantique, doit nous mener, non seulement à rejeter le matérialisme, mais à changer nos sociétés et nous-mêmes. Il est un des intervenants du film : « What the Bleep Do We Know ? »… »

Le moins qu’on puisse dire est qu’Amit est branché « transcendance » !…et son exposé est plutôt un plaidoyer pour les effets bénéfiques de la méditation. Physiquement, il a tout du gourou…
Il montre quelques schémas, nous parle des expériences faites sur le cerveau de personnes en médiation et nous bombarde de recommandations pour stimuler notre créativité. Il nous parle lui aussi du « potentio », de tous les possibles, de toutes les possibilités de la conscience parmi lesquelles nous faisons un choix.

Il pose un l’aide d’un schéma la question de qui observe ?

? -> CERVEAU -> APPAREIL  -> OBJET

2e enregistrement audio : Henry Stapp + Amit Goswami + résumés

La dernière conférence à laquelle j’ai assisté est celle d’Emmanuel Ransford, chercheur indépendant. Cette conférence a été donnée en français. 

De tous ceux que j’ai pu écoutés, il m’a semblait le moins « sérieux », le moins professionnel. Il m’a semblé baser sa théorie uniquement sur le fait que notre esprit influence, voire ordonne, notre corps/matière.

Mais le TGV m’attendait et j’ai donc quitter la salle au beau milieu de sa conférence…

Emmanuel Ransford(début conférence)

GLOSSAIRE (*)

physique ou mécanique quantique : science qui étudie, observe, mesure, calcule, tente d’expliquer la nature au niveau subatomique, c’est-à-dire, le comportement des particules.
intrication : les électrons ayant été en contact gardent une corrélation, un lien, quelque soit la distance ou le temps, comme s’ils étaient connectés par « télépathie ».
décohérence, actualisation : le fait d’observer un objet au niveau quantique « réduit » tous ses états possibles, « superposés » à celui observé.
non-localité : en physique description d’une chose, une fonction qui n’est pas lié ni à l’espace, ni au temps (par exemple : les activité mentales du cerveau, les pensées sont-elles « enfermées »->localisées dans la boîte crânienne ?).

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